Chef-lieu : CHATEAUROUX, à. 259 k. S. de Paris.
DIVISION ADMINISTRATIVE Avant 1790, ce dép. faisait partie du Berry (Bas-Berry), et, sur quelques points, de l'Orléanais, de la Touraine et du Bourbonnais. — Cour d'appel et Académie de Bourges — 9e Corps d'armée (Tours). — 21e arrond. forestier. — Diocèse de l'évêché de Bourges.
Le Bas-Berry (Indre) faisait partie, sous la dominat. romaine, de la 1re Aquit. ; il était habité par les Bituriges Cubi, peuple d'orig. celtique, et ses princip. villes étaient Ossol-dunum (Issoudun), Bourges et Argentomagus (Argenton). Clovis le soumit ainsi que toute l'Aquit., après la victoire de Vouillé sur les Wisigoths. — L'histoire ne nous apprend rien de particul. sur ce pays, alors dépendant de Bourges et dont il partagea les vicissitudes jusqu'au IXe s. — A cette époque seulement commencent pour le Bas-Berry des traditions plus locales. Déols, ou Bourg-Dieu, en était le chef-lieu ; les sires de Déols, possesseurs de nombreux fiefs, prétendaient descendre de Léocadius, sénateur des Gaules. Citons, entre autres, Ebbe l'Ancien, qui fit bâtir la célèbre abbaye de Déols et battit les Hongrois à Châtillon (935) : Raoul le Large, le fondat. de Châteauroux [Château-Raoul). — Le dernier des sires de Déols mourut en Terre-Sainte (1176). Ses états passèrent à sa fille Denise, nièce d'Henri II, roi d'Angleterre, qui, sous prétexte de les protéger, se hâta de les envahir. Denise épousa un baron du Poitou, André de Chauvigny ; malgré cette alliance, qui semblait unir plus étroitement le Bas-Berry à l'Angleterre, les nouveaux seigneurs de Châteauroux se déclarèrent contre elle pendant la longue guerre de succession (1328). Pour récompenser leur fidélité, Charles VIII, en 1497, érigea le Bas-Berry en comté en faveur d'André de Chauvigny, dernier rejeton de cette illustre famille, qui mourut à la bataille de Fornoüe. Le mariage de sa veuve avec Louis de Bourbon de la Roche-s.-Yon, et les droits que firent valoir les sires de Maillé, hérit. du côté paternel, amenèrent le partage du comté entre ces deux familles, qui ne trouvèrent d'autre moyen de mettre fin et leurs nombreux procès que de le vendre, en 1612, au prince Henri de Bourbon, pour la somme de 1,667,400 francs. — Pendant le siècle précédent, les habitants du Bas-Berry, qui s'étaient laissé entraîner par l'esprit de réforme dans des guerres de religion durant lesquelles plusieurs villes furent prises par les huguenots ; ne purent s'empêcher d'épouser la querelle de leur nouveau seigneur dans les troubles de la Fronde, dont il était un des promoteurs, mais Richelieu mit bientôt fin à toutes ces velléités d'indépendance. Un seigneur de Vatan, qui s'était fortifié dans son château, paya de sa tête sa présomptueuse résistance. La terre de Châteauroux,, érigée en duché-pairie en faveur du prince de Condé, après être restée dans cette maison jusqu'au règne de Louis XV, retourna à la couronne, et fut en dernier lieu donnée en apanage au comte d'Artois, depuis Charles X.
Le cardinal Othon, compagnon de saint Louis dans ses croisades, et qu'il appelait l'homme de son cœur ; le fam. anatom. Jean de Méry ; Philibert de Naillac, gr.-maitre de Malte ; J. Corbin, avocat célèbre ; Berthier, jésuite, théologien, le tragique Guymon de Latouche, aut. d'Iphigénie en Tauride ; l'astron. Faye : il découvrit, en 1843, une nouvelle comète dont il calcula les éléments et qui prit son nom ; — les contemporains Dumersan, littérat. fécond ; et le général Bertrand, né à Châteauroux, en 1773, mort en 1844. Son nom est le symbole de la fidélité et du dévouement. Nous ne parlerons pas de sa carrière militaire spécialement dans le génie. Napoléon, mis si souvent à même d'en apprécier les actes brillants, ne sut mieux le récompenser qu'en lui vouant une amitié toute particulière, dont Bertrand se montra digne, surtout quand l'heure de l'adversité sonna pour le grand homme.
Topographie. — Le départ. de I'Indre est méditerrané : il est situé au c. entre 40° 20' et 47° 15' de lat. N. Bornes : Loir-et-Cher, Cher, Creuse, H.-Vienne, Vienne, Indre-et-Loire. Il tire son nom de l'Indre, riv. qui le traverse du S.-E. au N.-O. — Sol uniformément plat et dont les coteaux ne dépassent pas 80 m. — Bassin de la Loire. Riv. princip. : le Cher, l'Indre, la Creuse, l'Arnon, la Claise, l'Anglin. Aucun de ces cours d'eau n'est navigable. A l'O., nombreux étangs marécageux (5,000 hect. ), dont les eaux stagnantes ne s'écoulent qu'en partie dans les affl. de la Creuse. — Climat assez doux, mais très-variable. Végétation plus précoce dans l'arrond. du Blanc. — 6 Routes nation., 16 départ., 2,600 ch. vicinaux. Chemins de fer : (Voir la carte. ) PRODUCTIONS. — Sols dominants : sablonneux, bon terreau (160,572 h. ), pierreux, craie ou calcaire, gravier ; quelques parties de bruyères. — Sol fertile en général. — Pays agricole et manufacturier : agricul. peu avancée. Excédant de céréales et de vins ; pommes de terre, chanvre, lin, fruits, châtaignes. Les vins sont médiocres ; on cite pourtant les rouges de Valençay et les blancs de Chabris. Elève très-considér. de moutons ; bestiaux gras et porcs pour le commerce, volaille en très-grande quantité, surtout oies et dindons ; abeilles. Pêche de sangsues. —Bois, 57,319 h. ; vignes, 18,110 h. — Exploit, minérale importante ; le pl. grand produit est le fer, qui est d'excell. qualité. Plomb, tourbe, marbre statuaire, granit, grès, pierres meulières, pierres à fusil, très-bonnes pierres lithographiques dans les environs de Châteauroux. Source miner. à Azay-le-Ferron. INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'industrie a deux branches renommées : les fers dits « du Berry, » dont la fabrication rapp. près de 4,000,000 fr. par an, et les draps et lainages de Châteauroux. Les autres produits sont : les cuirs, les parchemins, la bonneterie de coton et de laine, le sucre de betterave, la porcelaine, la poterie rouge et noire. — Le com. consiste en fers, draps et laines ; puis en bestiaux, porcs, vins, bois et grains, conserves de volaille, sangsues, etc. — 350 Foires. INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Lycée. 2 Collèges. 3 Etabl. second. libres. 1 école norm. d'instit. 3 Pensionn. prim. Ecoles prim. : 150 de garçons, 152 de filles, 101 mixtes. 1 Sémin. 2 Bibliothèques publiques. 1 Société savante.
CHATEAUROUX, ch. -l. situé sur une colline, au milieu d'une vaste plaine, près de l'Indre. Industrie fort active : draps et laines. — Sous la Révolution, Indreville. Citons encore : Argenton, sur la Creuse ; place considérable sous la domination romaine.
« Les habitants de l'Indre ne sont ni d'une haute stature, ni d'une constitution robuste ; leur teint est blafard, leurs cheveux châtain-brun ; ils ont le regard timide, les yeux sans vivacité, la physionomie sans expression, l'allure embarrassée, l'esprit lent comme la prononciation. Ils parlent la langue française sans aucun accent et avec une correction remarquable. La lenteur semble former le fond de leur caractère. Boire et danser, voilà leurs divertissements ; mais leur danse manque d'action. Aux sons aigres d'une musette, les bras pendants, les yeux baissés, ils lèvent l'un après l'autre leurs pieds pesants, et presque sans changer de place. Cependant ils se montrent volontiers charitables et hospitaliers, et ne se plaignent jamais du mal qui leur vient. — Le costume a peu varié depuis longues années ; sauf la qualité des étoffes, il est presque partout le même : culotte et gilet de gros drap vert, surtout de toile grise, large chapeau rabattu, guêtres blanches, rarement des bas, gros souliers ferrés. « Le Berry était une des provinces où la féodalité avait le plus étendu son pouvoir. Ainsi, l'on vendait avec une seigneurie les habitants nés et à naître, ou l'on en faisait des donations pieuses à l'Eglise. « Le pot-aux-roses était un droit bizarre qui exista à Châteauroux jusqu'à la Révolution. La dernière veuve remariée de la rue d'Indre devait se présenter chaque année, le mardi de la Pentecôte, en grande pompe, à la porte du château, ayant sur la tête un pot garni de roses et tout enrubanné ; là, le seigneur brisait avec cérémonie le pot sur la tête même de la veuve. Ce droit était le prix de l'abandon fait aux habitants de la rue d'Indre de la dîme que le seigneur percevait sur la prairie où la rue avait été bâtie. » |
Châteauroux en 1883
Ruines de Sarzai
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